Un conjoint violent repenti

Comment un homme violent peut-il sortir du cycle de la violence conjugale?


Ce témoignage est rare à double titre.

Très peu d’hommes violents en couple se remettent en question et opèrent sur eux-mêmes un tel travail. Mais ils sont encore moins nombreux à s’exprimer et témoigner.
L’intérêt est d’entendre chez Denis toute la description bien connue du cycle de la violence conjugale dans la bouche d’un ancien agresseur. Vu de l’intérieur.

Il faut rendre hommage à cet homme qui nous permet de mieux comprendre et peut-être de faire réfléchir d’autres hommes.

Il faut savoir que la violence conjugale se perpétue dans un contexte culturel bien précis : le patriarcat. A savoir une société qui globalement considère les hommes et les femmes différemment. L’homme violent agit donc à l’intérieur de cette sphère en cohérence avec la culture ambiante.

Il s’estime être le chef (même inconsciemment) et sa femme être sa propriété. D’où le risque plus important du passage à l’acte au moment à la femme décide de quitter son compagnon.

D’où aussi le fait que la violence conjugale place la femme du côté des victimes et l’homme du côté des agresseurs. L’inverse existe évidemment mais reste beaucoup plus rare. De plus, on assiste alors à une explosion de violence ponctuelle plutôt qu’au fameux cycle de la violence conjugale très rarement observé dans ce sens.

Le maître mot, chez les femmes qui témoignent et chez Denis, est « contrôle ». La violence conjugale passe par le désir de contrôler l’autre.

Lors du tournage de « la domination masculine », Patric Jean a passé beaucoup de temps dans des centres médico-légaux où des victimes (accident, violences…) viennent faire constater leurs blessures (physiques et psychologiques).

Les médecins témoignent de la disparité des situations toujours différentes sauf dans les cas de violence conjugale où les femmes victimes racontent toutes exactement la même histoire, les mêmes événements, dans le même ordre, avec souvent les mêmes mots.

Il s’agit donc bien un phénomène culturel bien ancré.

Le cycle de la violence conjugale:


Généralement, la violence s’installe progressivement et de façon insidieuse. Elle peut débuter par des remarques vexantes, des insultes, une volonté de contrôler tout ce que l’autre fait. Et puis les choses s’aggravent. La violence au sein du couple, récurrente, est en fait un cycle infernal dans lequel on est enfermé. Après une accalmie, les choses se remettent en place… On distingue 4 étapes dans le cycle de la violence conjugale :


CLIMAT DE TENSION : L’auteur de violence cherche à avoir un contrôle sur l’autre (ses déplacements, ses coups de téléphone…) et lui profère des menaces. Par peur, l’autre fait tout pour ne pas le/la contrarier. La violence n’est pas toujours repérée à ce stade, même par la victime.


EXPLOSION DE LA VIOLENCE : L’auteur passe à l’acte et les moyens de contrôle sont plus graves : humiliation, injures, coups. La plupart du temps, la victime ne veut pas y croire.


ACCALMIE : Il y a de nouveau des bons moments. L’auteur minimise ou nie ce qu’il a fait, accuse l’autre de l’avoir provoqué. Il/elle tente de récupérer l’autre en demandant pardon et en promettant de changer. La victime pense que ça va s’arrêter et n’en parle pas.


RETOUR DES TENSIONS : Après une période où l’auteur est très gentil-le et fait tout pour plaire à l’autre, les choses se remettent en place…

On comprend mieux comment des femmes peuvent subir des violences conjugales pendant des années car il s’agit d’un système très pervers jouant sur les sentiments et la culpabilité.

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