Les revendications féministes des années 1960-1970

Dans les années 1960, le mouvement des femmes exprime plus fortement leurs frustrations. La famille est perçue comme un lieu d’aliénation pour les femmes et les rôles familiaux traditionnels sont remis en question. Les féministes de cette « deuxième vague » critiquent en particulier le rôle maternel réservé aux femmes et qu’elles dénoncent comme un carcan à leur épanouissement personnel. Ainsi, à la suite des évènements de mai 1968, leurs revendications sont d’avantage portées sur les questions de sexualité. Cette nouvelle génération de féministe refuse d’être des « femmes objets » : elles luttent pour la maîtrise de la fécondité et le droit des femmes à disposer librement de leur corps (c’est l’époque des « seins nus » sur les plages). Elles revendiquent la liberté de porter ou non des enfants, quand et si elles le décident. D’une manière plus générale, elles engagent un combat pour la liberté sexuelle des femmes en clamant haut et fort « mon corps m’appartient ».

Dès les années 1970, les féministes se divisent en deux tendances :
LES « ÉGALITARISTES » postulent que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas liées à leur biologie mais à des rapports de pouvoir entre eux. Pour elles, hommes et femmes doivent être traités de la même manière au nom du principe d’égalité entre tous les humains, indépendamment des différences physiques comme la couleur de la peau ou le sexe. De la partiront les « gender studies ».
LES « DIFFÉRENTIALISTES » (ou essentialistes) affirment au contraire qu’il existe une différence de nature entre le masculin et le féminin. Les caractères féminins découleraient d’une essence féminine et justifieraient des différences de traitement entre hommes et femmes. Pour elles, l’égalité passe par le respect des spécificités.

Les avancées pour les droits des femmes

Les combats de cette génération de féministes ont conduit à de très importantes avancées pour les droits des femmes. En France, elles obtiennent le droit à la contraception en 1967 (loi Neuwirth). Mais elles ne vont pas en rester là : en 1971, 343 femmes dont quelques personnalités comme Catherine Deneuve, Simone de Beauvoir ou encore Marguerite Dumas, signent le « Manifeste des 343 », rapidement rebaptisé « manifeste des 343 salopes », dans lequel elles reconnaissent avoir subi un avortement. De cette façon, elles entendent faire savoir que l’avortement est une réalité qui existe et appellent les autorités à la prendre en compte. De longues batailles politiques et judiciaires aboutiront finalement à la légalisation de l’avortement fin des années 1970 en France (loi Veil). Il faudra encore attendre plus de dix ans en Belgique.

o 1967 : La loi Neuwirth qui autorise la contraception est votée en France grâce à l’acharnement d’un député à faire évoluer les mentalités, malgré les fortes résistances des milieux conservateurs.
o 1973 : Willy Peers, un gynécologue Belge qui pratique des avortements est emprisonné. Cette affaire divise l’opinion publique. Suite aux actions menées en soutien au docteur Peers, les contraceptifs (préservatifs, pilule, ..) sont désormais distribués librement.
o 1975 : La loi Veil qui autorise l’interruption volontaire de grossesse est promulguée en France et sera définitivement adoptée en 1979.
o 1990 : La loi belge Lallemand-Michielsen qui dépénalise partiellement l’avortement est votée en Belgique sans la signature du Roi Baudouin.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s